Don de bienfaisance par testament

En bref

  • Sujet : Don de bienfaisance par testament
  • Source : Agence du revenu du Canada / Revenu Québec
  • Coût estimé : Jusqu'à 100 % du revenu net dans l'année du décès et l'année précédente
  • Vérifié : 12 avril 2026
Vérifié le 12 avril 2026 Source : Agence du revenu du Canada / Revenu Québec

Vue d’ensemble

Le don de bienfaisance par testament (aussi appelé « legs charitable ») est une stratégie qui permet de soutenir une cause qui vous tient à coeur tout en réduisant potentiellement l’impôt exigible au décès. Lorsqu’un don est fait par testament à un organisme de bienfaisance enregistré, la succession reçoit un reçu officiel de don qui génère un crédit d’impôt pouvant être appliqué à la déclaration de revenus finale du défunt (vérifié 12 avril 2026 — ARC).

Ce qui rend le don testamentaire particulièrement avantageux, c’est la règle spéciale applicable au décès : la limite habituelle de 75 % du revenu net pour les dons de bienfaisance est portée à 100 % du revenu net dans l’année du décès et dans l’année précédente. Cette règle permet d’utiliser le crédit d’impôt pour compenser une grande partie — voire la totalité — de l’impôt généré par la disposition réputée au décès.

Quand cette situation se présente

Le don de bienfaisance par testament concerne :

Le crédit d’impôt pour dons de bienfaisance

Taux du crédit d’impôt

Le crédit d’impôt pour dons de bienfaisance comporte deux niveaux (vérifié 12 avril 2026 — ARC) :

Au fédéral :

Au Québec :

Combinés, les crédits fédéral et provincial pourraient représenter un avantage fiscal total d’environ 46 % à 58 % du montant du don pour les montants excédant 200 $ (estimé 12 avril 2026).

Limite spéciale au décès

En règle générale, le total des dons donnant droit au crédit d’impôt est limité à 75 % du revenu net du contribuable. Cependant, dans l’année du décès, cette limite est portée à 100 % du revenu net. Si le crédit n’est pas entièrement utilisé dans la déclaration finale, l’excédent peut être reporté à l’année précédant le décès, également jusqu’à 100 % du revenu net de cette année-là (vérifié 12 avril 2026 — ARC).

Types de dons testamentaires

Don d’une somme d’argent

Le plus simple : le testament prévoit un legs d’un montant déterminé à un organisme de bienfaisance enregistré. Le liquidateur verse la somme à l’organisme, qui émet un reçu officiel de don à la succession.

Don de titres cotés en bourse

Le don de titres cotés en bourse (actions, obligations, fonds communs) offre un double avantage fiscal :

  1. Crédit d’impôt pour la valeur du don, comme pour tout don de bienfaisance
  2. Aucun gain en capital imposable : lorsque des titres cotés en bourse sont donnés directement à un organisme de bienfaisance, le gain en capital accumulé n’est pas imposable (vérifié 12 avril 2026 — ARC)

Ce double avantage fait du don de titres une stratégie particulièrement efficace. Le testament peut prévoir le don de titres spécifiques ou d’un nombre déterminé de parts d’un fonds commun.

Désignation d’un REER ou FERR

Il est possible de désigner un organisme de bienfaisance enregistré comme bénéficiaire d’un REER ou d’un FERR. Au décès :

Cette stratégie est particulièrement intéressante pour les personnes qui n’ont pas de conjoint survivant (auquel cas un roulement libre d’impôt serait normalement possible) et qui souhaitent réduire l’impôt sur leurs régimes enregistrés.

Don d’une police d’assurance vie

L’assurance vie peut être utilisée pour effectuer un don de bienfaisance de deux façons :

Règles pour la succession assujettie à l’imposition à taux progressifs (SAIP)

Depuis les modifications de 2016, des règles particulières s’appliquent aux dons testamentaires effectués par une succession assujettie à l’imposition à taux progressifs (SAIP), soit la succession pendant les 36 mois suivant le décès (vérifié 12 avril 2026 — ARC) :

Cette flexibilité permet d’optimiser l’utilisation du crédit d’impôt en le dirigeant vers l’année où l’impôt à payer est le plus élevé.

Comment inclure un don dans votre testament

Pour que le don testamentaire soit valide et produise les effets fiscaux souhaités, il est recommandé de :

Planification fiscale et coordination

Le don testamentaire est d’autant plus efficace lorsqu’il est coordonné avec les autres éléments de la planification successorale :

Un comptable ou un fiscaliste spécialisé en planification successorale pourrait évaluer l’impact fiscal d’un don testamentaire dans le contexte global de votre succession.

Bon à savoir

Questions fréquentes

Est-il préférable de donner de mon vivant ou par testament ?

Les deux options offrent un crédit d’impôt. Le don de vivant permet de bénéficier du crédit dans l’année du don et de voir l’impact de votre générosité. Le don par testament offre l’avantage de la limite de 100 % du revenu net (vs 75 % de vivant) et pourrait être plus efficace pour compenser l’impôt important au décès. Pour les titres cotés en bourse, le don de vivant et le don au décès offrent tous deux l’exemption du gain en capital. Un planificateur financier pourrait vous aider à déterminer l’approche la plus avantageuse.

Le don testamentaire réduit-il la part de mes héritiers ?

Pas nécessairement. Si le don génère un crédit d’impôt qui réduit l’impôt au décès, le coût net du don pour la succession est moindre que le montant du don lui-même. Par exemple, un don de 100 000 $ pourrait générer un crédit d’impôt combiné de plus de 50 000 $. Dans ce cas, le coût net pour les héritiers est d’environ 50 000 $, et non de 100 000 $.

Puis-je désigner un organisme de bienfaisance comme bénéficiaire de mon REER sans passer par le testament ?

Oui. La désignation de bénéficiaire d’un REER ou d’un FERR est un document distinct du testament. Vous pouvez nommer un organisme de bienfaisance directement dans le contrat REER/FERR auprès de votre institution financière. Cependant, il est important de coordonner cette désignation avec votre testament pour assurer la cohérence de votre planification successorale.

Comment le liquidateur obtient-il le reçu officiel de don ?

Le liquidateur doit communiquer avec l’organisme de bienfaisance, lui fournir une copie du testament, du certificat de décès et effectuer le versement du don prévu. L’organisme émettra un reçu officiel de don au nom de la succession. Ce reçu sera ensuite utilisé pour réclamer le crédit d’impôt dans la déclaration de revenus finale du défunt ou dans celle de la succession, selon le choix effectué.

Source : ARC — Dons de bienfaisance, Revenu Québec — Crédit d’impôt pour dons, Éducaloi, vérifié le 12 avril 2026.

Ce guide ne remplace pas les conseils d’un notaire ou d’un avocat.