Rôle du notaire dans le règlement d'une succession
En bref
- Sujet : Rôle du notaire dans le règlement d'une succession
- Source : Chambre des notaires du Québec / Code civil du Québec
- Coût estimé : De 3 000 $ à 10 000 $+ (forfait pour un règlement complet de succession)
- Vérifié : 12 avril 2026
Vue d’ensemble
Au Québec, le notaire est un juriste spécialisé en droit civil qui joue un rôle central dans le règlement des successions. Membre de la Chambre des notaires du Québec, il possède une expertise particulière en matière de droit successoral, de fiscalité et de transferts immobiliers — trois domaines incontournables lorsqu’il s’agit de régler une succession.
Bien qu’il ne soit pas légalement obligatoire de faire appel à un notaire pour régler une succession, son accompagnement est fortement recommandé dans la grande majorité des cas. Le notaire permet au liquidateur de naviguer avec confiance dans un processus souvent complexe, tout en s’assurant que les droits de chaque héritier sont respectés et que les obligations légales et fiscales sont remplies.
Quand cette situation se présente
Faire appel à un notaire pour le règlement d’une succession concerne directement :
- Le liquidateur qui souhaite être accompagné dans ses démarches et s’assurer de ne commettre aucune erreur
- Les héritiers qui souhaitent comprendre leurs droits ou qui sont en désaccord sur le partage
- Le conjoint survivant qui doit exercer ses droits au titre du patrimoine familial et du régime matrimonial
- Toute personne qui doit régler une succession comprenant des biens immobiliers, une entreprise ou des aspects fiscaux complexes
Les services du notaire en matière de succession
Le notaire peut intervenir à chaque étape du règlement d’une succession. Voici les principaux services qu’il offre (vérifié 12 avril 2026 — Chambre des notaires du Québec) :
Recherche testamentaire
Le notaire effectue les recherches auprès des deux registres officiels (Chambre des notaires et Barreau du Québec) pour retrouver le dernier testament du défunt. Il s’assure que le testament identifié est bien le plus récent et qu’aucun autre document ne le remplace.
Vérification (homologation) du testament
Si le défunt a laissé un testament olographe ou un testament devant témoins, le notaire peut procéder à la vérification du testament dans le cadre d’une procédure non contentieuse, souvent plus rapide et moins coûteuse que la voie judiciaire traditionnelle.
Inventaire des biens et des dettes
Le notaire peut guider le liquidateur dans la préparation de l’inventaire successoral, en s’assurant qu’aucun bien ou dette n’est oublié. Il peut également coordonner les évaluations nécessaires (immeubles, entreprises, placements).
Calcul des droits du conjoint survivant
Le notaire calcule les droits du conjoint survivant au titre du patrimoine familial et du régime matrimonial. Cette étape est particulièrement complexe lorsque la succession comprend des biens immobiliers, des REER importants ou des régimes de retraite, et elle doit être complétée avant toute distribution aux héritiers.
Rédaction des actes de partage
Le notaire rédige les actes notariés nécessaires au transfert des biens aux héritiers, notamment les actes de transfert immobilier (déclaration de transmission) et les actes de partage. Ces actes sont indispensables pour mettre à jour le registre foncier et transférer les titres de propriété.
Déclarations au RDPRM
Le notaire s’occupe des inscriptions nécessaires au Registre des droits personnels et réels mobiliers (RDPRM), notamment l’avis de clôture d’inventaire et l’inscription de la clôture de la succession.
Médiation entre héritiers
Lorsque des désaccords surviennent entre les héritiers, le notaire peut agir comme médiateur pour faciliter un règlement à l’amiable. Son impartialité professionnelle et sa connaissance du droit successoral en font un intermédiaire particulièrement efficace dans ces situations.
Conseils fiscaux successoraux
Le notaire peut conseiller le liquidateur et les héritiers sur les aspects fiscaux de la succession, en collaboration avec un comptable (CPA). Il connaît les règles relatives à la disposition réputée au décès, au roulement au conjoint et aux autres particularités fiscales applicables.
Quand un notaire est-il essentiel
Bien que l’accompagnement d’un notaire soit toujours recommandé, certaines situations rendent sa présence particulièrement importante (vérifié 12 avril 2026 — Éducaloi) :
Situations où le notaire est fortement recommandé
- Biens immobiliers dans la succession : le transfert d’un immeuble aux héritiers nécessite un acte notarié (déclaration de transmission) pour mettre à jour le registre foncier
- Famille recomposée : la présence d’enfants de lits différents complexifie le partage et augmente le risque de conflits
- Absence de testament (succession ab intestat) : le notaire détermine les héritiers selon les règles de la dévolution légale et prépare la déclaration d’hérédité
- Testament olographe ou devant témoins : le notaire peut procéder à la vérification du testament
- Patrimoine important ou complexe : entreprise familiale, biens à l’étranger, placements diversifiés, fiducie testamentaire
- Désaccord entre héritiers : le notaire peut faciliter la médiation et proposer des solutions conformes à la loi
- Conjoint de fait dans la succession : la situation juridique du conjoint de fait étant précaire au Québec, les conseils d’un notaire sont essentiels pour protéger ses intérêts
Situations où le notaire pourrait être optionnel
- Succession très simple : un seul héritier, aucun immeuble, peu de biens, testament notarié clair et sans ambiguïté
- Le liquidateur est lui-même un professionnel du droit ou de la comptabilité et se sent à l’aise avec les démarches
Même dans ces cas, une consultation initiale avec un notaire pourrait permettre de confirmer que toutes les étapes sont couvertes et d’éviter des erreurs coûteuses.
Comment choisir un notaire
Le choix d’un notaire pour le règlement d’une succession est une décision importante. Voici les critères à considérer (vérifié 12 avril 2026 — Chambre des notaires du Québec) :
Spécialisation
Tous les notaires peuvent théoriquement régler une succession, mais certains se spécialisent en droit successoral. Un notaire spécialisé aura une meilleure connaissance des subtilités du règlement de succession, des stratégies fiscales applicables et des pièges à éviter. N’hésitez pas à demander au notaire quelle proportion de sa pratique est consacrée aux successions.
Proximité géographique
Il est souvent pratique de choisir un notaire situé dans la même région que le dernier domicile du défunt, car c’est le district judiciaire où les démarches auront lieu. Cependant, avec les outils numériques, la proximité est moins déterminante qu’auparavant.
Références et réputation
- Consultez le répertoire des notaires sur le site de la Chambre des notaires du Québec (cnq.org)
- Demandez des références à votre entourage, à votre banquier ou à votre comptable
- Vérifiez les avis en ligne et la réputation du notaire dans votre communauté
Transparence sur les honoraires
Un bon notaire vous expliquera clairement sa structure de tarification dès la première rencontre. N’hésitez pas à demander un devis écrit avant de lui confier le mandat. Comparez les tarifs de deux ou trois notaires, mais ne choisissez pas uniquement sur la base du prix — l’expertise et la disponibilité sont des critères tout aussi importants.
Combien cela pourrait coûter
Les honoraires d’un notaire pour le règlement d’une succession varient selon la complexité du dossier et le mode de facturation choisi (estimé 12 avril 2026) :
Tarification à l’heure
- Honoraires horaires : généralement entre 150 $ et 350 $ de l’heure, selon l’expérience du notaire et la région
- Convient pour des consultations ponctuelles ou des mandats limités (par exemple, uniquement la vérification du testament)
Tarification forfaitaire
- Succession simple (peu de biens, pas d’immeuble, pas de conflit) : environ 3 000 $ à 5 000 $
- Succession moyenne (résidence, placements, quelques héritiers) : environ 5 000 $ à 8 000 $
- Succession complexe (entreprise, famille recomposée, biens importants, conflits) : 8 000 $ à 10 000 $+
Le forfait est souvent préférable pour un règlement complet de succession, car il offre une prévisibilité des coûts. Assurez-vous de bien comprendre ce qui est inclus dans le forfait (nombre de rencontres, transferts immobiliers, déclarations au RDPRM, etc.).
Frais supplémentaires possibles
- Transfert immobilier (déclaration de transmission) : des frais de publication au registre foncier s’ajoutent aux honoraires du notaire
- Évaluations : les frais d’évaluation immobilière ou d’entreprise ne sont généralement pas inclus dans les honoraires du notaire
- Copies d’actes et frais administratifs
Important : les honoraires du notaire sont à la charge de la succession (et non du liquidateur personnellement). Ils sont considérés comme une dépense d’administration de la succession.
Ce qu’il faut apporter à la première rencontre
Pour que la première rencontre avec le notaire soit productive, il est recommandé de rassembler les documents suivants :
- Certificat de décès (original ou copie certifiée)
- Testament du défunt (original si disponible)
- Résultats de la recherche testamentaire (Chambre des notaires et Barreau du Québec)
- Contrat de mariage, le cas échéant
- Ébauche d’inventaire des biens et des dettes du défunt (comptes bancaires, placements, immeubles, véhicules, dettes)
- Déclarations de revenus des deux ou trois dernières années du défunt
- Polices d’assurance-vie et désignations de bénéficiaires
- Relevés de REER, FERR, CELI et régimes de retraite
- Titres de propriété (actes d’achat) des immeubles
- Certificats d’immatriculation des véhicules
- Liste des héritiers avec leurs coordonnées complètes
Plus vous arriverez préparé, plus la rencontre sera efficace et moins les frais seront élevés.
Notaire ou avocat — quand consulter l’un ou l’autre
Au Québec, le notaire et l’avocat sont deux professionnels du droit qui peuvent intervenir dans le règlement d’une succession, mais leurs rôles sont distincts (vérifié 12 avril 2026 — Chambre des notaires du Québec / Barreau du Québec) :
Le notaire
- Intervient dans les procédures non contentieuses (sans conflit judiciaire)
- Rédige les actes authentiques (transferts immobiliers, actes de partage, déclarations de transmission)
- Procède à la vérification des testaments non notariés (procédure non contentieuse)
- Agit comme conseiller impartial auprès de toutes les parties
- Ne peut pas représenter une partie devant les tribunaux
L’avocat
- Intervient dans les procédures contentieuses (litiges, contestations)
- Représente une partie devant les tribunaux
- Peut être nécessaire si un héritier conteste le testament (capacité mentale, influence indue, captation)
- Intervient en cas de poursuites contre le liquidateur
- Peut être nécessaire si un créancier conteste les décisions du liquidateur
En résumé
| Situation | Professionnel recommandé |
|---|---|
| Règlement normal de la succession | Notaire |
| Transfert d’immeuble | Notaire |
| Vérification d’un testament non notarié (non contesté) | Notaire |
| Calcul du patrimoine familial et du régime matrimonial | Notaire |
| Contestation du testament | Avocat |
| Conflit entre héritiers menant à une poursuite | Avocat |
| Poursuites contre le liquidateur | Avocat |
| Héritier qui refuse de coopérer | Avocat |
Dans certaines situations complexes, le liquidateur pourrait avoir besoin des deux professionnels simultanément.
Foire aux questions
Le liquidateur est-il obligé de faire appel à un notaire?
Non. Il n’y a aucune obligation légale de faire appel à un notaire pour régler une succession au Québec. Cependant, certaines étapes nécessitent obligatoirement l’intervention d’un notaire, notamment le transfert d’immeubles (déclaration de transmission) et la publication de certains actes au registre foncier. Pour les successions comprenant des biens immobiliers, le recours au notaire est donc pratiquement inévitable.
Les honoraires du notaire sont-ils déductibles de la succession?
Oui. Les honoraires du notaire pour le règlement de la succession sont une dépense d’administration de la succession. Ils sont payés à même les actifs de la succession, avant la distribution aux héritiers. Le liquidateur n’a pas à les payer de sa poche.
Peut-on changer de notaire en cours de règlement?
Oui. Si vous n’êtes pas satisfait des services de votre notaire, vous pouvez en mandater un autre. Toutefois, des frais pourraient être engagés pour le travail déjà effectué par le premier notaire. Avant de changer, il est généralement recommandé de discuter de vos préoccupations avec le notaire en place.
Le notaire peut-il être nommé liquidateur?
Oui. Le testateur peut désigner un notaire comme liquidateur dans son testament. C’est une option de plus en plus fréquente pour les successions complexes ou lorsque le testateur ne souhaite pas imposer ce fardeau à un membre de la famille. Le notaire-liquidateur facturera ses services à la succession selon les tarifs convenus.
Bon à savoir
- Le notaire est soumis au secret professionnel et au Code de déontologie de la Chambre des notaires du Québec. Vos informations sont protégées (vérifié 12 avril 2026 — Chambre des notaires du Québec).
- Le notaire agit comme officier public — les actes qu’il rédige (testament notarié, acte de partage, déclaration de transmission) sont des actes authentiques qui font preuve de leur contenu sans qu’il soit nécessaire de les faire vérifier par un tribunal.
- La Chambre des notaires du Québec offre un service de référence gratuit pour vous aider à trouver un notaire dans votre région : cnq.org.
- Certains notaires offrent une première consultation gratuite ou à tarif réduit pour évaluer la succession et présenter leurs services. N’hésitez pas à poser la question.
- Le délai moyen de règlement d’une succession avec l’accompagnement d’un notaire est généralement de 12 à 18 mois, mais il pourrait être plus court pour les successions simples ou plus long pour les cas complexes.
- Si vous avez un litige avec votre notaire, vous pouvez déposer une plainte auprès de la Chambre des notaires du Québec, qui dispose d’un mécanisme d’inspection et de discipline.
Ce guide ne remplace pas les conseils d’un notaire ou d’un avocat.