Don d'organes et de tissus
En bref
- Sujet : Don d'organes et de tissus
- Source : Transplant Québec / RAMQ / Régie de l'assurance maladie du Québec
- Vérifié : 12 avril 2026
Vue d’ensemble
Le don d’organes et de tissus est un geste de grande générosité qui peut transformer — et sauver — la vie de plusieurs personnes. Un seul donneur d’organes peut sauver jusqu’à huit vies et améliorer la qualité de vie de quinze autres personnes grâce au don de tissus.
Au Québec, le don d’organes repose sur le principe du consentement explicite : il est important d’exprimer clairement votre volonté de donner vos organes et tissus après votre décès. Contrairement à certains pays qui ont adopté un système de consentement présumé, au Québec, l’absence d’inscription ne signifie pas un consentement automatique (vérifié 12 avril 2026 — Transplant Québec).
Qui peut être donneur?
Pratiquement toute personne peut être un donneur potentiel, quels que soient son âge, son état de santé ou ses antécédents médicaux. Il n’y a pas de limite d’âge pour le don d’organes et de tissus. C’est l’équipe médicale qui évalue, au moment du décès, si les organes et les tissus sont compatibles avec une transplantation (vérifié 12 avril 2026 — Transplant Québec).
Il est donc important de ne pas vous exclure vous-même : même si vous avez une condition médicale, certains de vos organes ou tissus pourraient être aptes au don.
Ce qui peut être donné
Organes
Les organes suivants peuvent être transplantés :
- Reins (les plus fréquemment transplantés)
- Foie
- Coeur
- Poumons
- Pancréas
- Intestin
Tissus
Les tissus suivants peuvent également être prélevés et greffés :
- Cornées (redonnent la vue)
- Peau (pour les grands brûlés)
- Os et cartilage
- Valves cardiaques
- Tendons et ligaments
- Veines
Le don de tissus est possible dans un plus grand nombre de circonstances que le don d’organes, car les tissus peuvent être prélevés jusqu’à 24 heures après le décès, contrairement aux organes qui nécessitent un prélèvement très rapide (vérifié 12 avril 2026 — Transplant Québec).
Comment exprimer votre consentement
Au Québec, il existe trois façons principales d’exprimer votre volonté de donner vos organes et tissus :
1. Signer l’autocollant de votre carte d’assurance maladie (RAMQ)
Au dos de votre carte d’assurance maladie se trouve un autocollant que vous pouvez signer pour exprimer votre consentement au don d’organes et de tissus. C’est la méthode la plus simple et la plus connue (vérifié 12 avril 2026 — RAMQ).
2. S’inscrire au Registre des consentements au don d’organes et de tissus
Vous pouvez vous inscrire en ligne sur le site de la RAMQ ou sur signedondorganes.ca. L’inscription au registre est un moyen fiable, car elle est consultable par l’équipe médicale au moment opportun. C’est la méthode recommandée par Transplant Québec (vérifié 12 avril 2026 — Signe don d’organes).
3. Exprimer votre volonté dans un document légal
Vous pouvez indiquer votre volonté de donner vos organes et tissus dans :
- Votre testament (notarié, olographe ou devant témoins)
- Votre mandat de protection
- Un écrit signé devant deux témoins
Il est recommandé d’utiliser plus d’une méthode pour maximiser les chances que votre volonté soit connue au moment opportun.
Le rôle de la famille — un point essentiel
Même si votre consentement est officiellement inscrit, l’équipe médicale consultera votre famille avant de procéder au prélèvement. C’est pourquoi il est primordial de communiquer votre volonté à vos proches de votre vivant.
Des études montrent que les familles qui connaissent le souhait de leur proche acceptent le don dans la très grande majorité des cas. En revanche, lorsque la volonté du défunt n’est pas connue, les familles refusent dans une proportion importante, souvent par incertitude (vérifié 12 avril 2026 — Transplant Québec).
Ce que vous pouvez faire :
- Parlez ouvertement de votre décision avec votre conjoint, vos enfants et vos proches
- Informez votre liquidateur de votre souhait
- Mentionnez-le dans vos directives médicales anticipées
- Assurez-vous que plusieurs personnes de confiance connaissent votre volonté
Le don de son vivant
Il est aussi possible de donner un organe de son vivant. Les dons de vivant les plus courants au Québec sont :
- Un rein : une personne en bonne santé peut vivre normalement avec un seul rein
- Un lobe du foie : le foie a la capacité de se régénérer
Le don de vivant fait l’objet d’un processus d’évaluation rigoureux pour s’assurer que le donneur est en bonne santé et donne son consentement de façon libre et éclairée. Aucune compensation financière n’est permise pour le don d’organes au Québec (vérifié 12 avril 2026 — Transplant Québec).
Mythes et réalités
« Je suis trop vieux pour donner mes organes. »
Réalité : Il n’y a pas de limite d’âge pour le don d’organes et de tissus. Des personnes de plus de 80 ans ont déjà été des donneurs. C’est l’état de santé des organes, et non l’âge du donneur, qui détermine leur admissibilité.
« Si l’équipe médicale sait que je suis donneur, elle ne fera pas tout pour me sauver. »
Réalité : L’équipe médicale qui vous soigne n’a aucun lien avec l’équipe de transplantation. Votre traitement n’est jamais influencé par votre statut de donneur. Le don d’organes n’est envisagé qu’après le constat de décès neurologique, confirmé par des tests rigoureux et indépendants.
« Ma religion interdit le don d’organes. »
Réalité : La plupart des grandes religions — y compris le catholicisme, le protestantisme, l’islam, le judaïsme, le bouddhisme et l’hindouisme — acceptent ou encouragent le don d’organes comme un acte de charité et de compassion. En cas de doute, consultez votre guide spirituel.
« Le don d’organes empêche d’avoir des funérailles avec le cercueil ouvert. »
Réalité : Le prélèvement est effectué avec le même respect et le même soin qu’une intervention chirurgicale. Le corps est traité avec dignité, et il est tout à fait possible d’avoir une exposition avec le cercueil ouvert après un don d’organes ou de tissus.
La situation au Québec
Au Québec, des centaines de personnes sont en attente d’une transplantation à tout moment. Chaque année, des personnes décèdent en attente d’un organe. Exprimer votre consentement au don est un geste simple qui peut faire une différence considérable dans la vie d’autrui (vérifié 12 avril 2026 — Transplant Québec).
Foire aux questions
Comment savoir si mon consentement est bien enregistré?
Vous pouvez vérifier votre inscription au Registre des consentements en communiquant avec la RAMQ ou en consultant votre dossier en ligne sur le site de la RAMQ. Si vous avez seulement signé l’autocollant de votre carte, il n’y a pas de registre central — d’où l’importance de s’inscrire également au registre officiel (vérifié 12 avril 2026 — RAMQ).
Puis-je choisir quels organes ou tissus je souhaite donner?
Oui. Lors de votre inscription au registre, vous pouvez préciser si vous consentez au don de tous vos organes et tissus ou si vous souhaitez en exclure certains. Votre volonté sera respectée.
Est-ce que ma famille peut refuser le don même si j’ai donné mon consentement?
En pratique, l’équipe médicale consulte la famille et ne procède généralement pas au prélèvement si la famille s’y oppose fermement, même en présence d’un consentement enregistré. C’est pourquoi il est essentiel de communiquer votre volonté à vos proches de votre vivant.
Le don d’organes entraîne-t-il des coûts pour ma famille?
Non. Tous les frais liés au prélèvement des organes et des tissus sont pris en charge par le système de santé. Le don d’organes n’entraîne aucun coût pour la famille du donneur.
Pour aller plus loin
Le don d’organes et de tissus est un sujet qui gagne à être discuté ouvertement avec vos proches. Cette conversation, même si elle peut sembler délicate, est un geste d’amour et de prévoyance. En exprimant clairement vos volontés, vous facilitez la tâche de votre famille et vous vous assurez que votre générosité pourra se concrétiser.
Pensez également à compléter vos directives médicales anticipées et à les intégrer à votre planification successorale globale.
Pour toute question médicale, consultez votre médecin. Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un avis médical.